La grève des cheminots : un enjeu pour tous les usagers, pour la société !

A en croire nos “grands” médias s,  si peu indépendants   La grève des cheminots : un enjeu pour tous les usagers, pour la société !la grève des cheminots, très largement suivie dès les 3 et 4 avril, se ferait au détriment des usagers (devenus des clients dans le langage officiel) qui eux, ne peuvent plus se rendre à leur travail ! Donc atteinte à leur liberté.

Vieux comme le capitalisme. Le droit de grève  a été arraché par les luttes mais il leur faut contester le bien-fondé des grèves décidées par la volonté des salariés(es), de manière à discréditer les syndicats qui en prennent l’initiative et sont sommés de les déclarer 48 h à l’avance pour que l’employeur puisse prendre les dispositions pour en pallier les conséquences.

Gouvernement et patronat ont partie liée, comme toujours, pour tenter de gagner les non-grévistes à leur cause afin d’isoler le mouvement, si possible, en le discréditant et en désignant les syndicats les plus résolus à défendre les intérêts des salariés, comme irresponsables alors que d’autres, les modérés, plus réformistes selon le langage patronal, sont prêts à trouver des solutions amiables plutôt que de voir durcir le conflit !

Du grand classique aussi, ce qui amène nos commentateurs, à peine la grève engagée dont ils constatent amèrement l’ampleur, à spéculer sur les syndicats engagés pourtant mais qui pourraient bien revenir en arrière et la faire échouer. Et de citer, s’agissant des cheminots, l’UNSA et la CFDT, espérant être compris à plus ou moins longue échéance ?

Ils prennent leurs désirs pour la réalité mais abattent leurs cartes, comme les commentateurs perpétuels des débats entre libéraux, Christophe Barbier, patron de l’Express et Raymond Soubie, patron d’un cabinet-conseil aux entreprises, vieux routiers du combat social qui se demandent comment le gouvernement devrait s’y prendre pour faire avaler les pillules amères au monde du travail. Car ils sont à fond pour la privatisation des transports et la réduction des dépenses et des services publics, tous azimuts.

Mais il ne faut pas le dire comme ça et paraître humilier les salariés attachés à leur statut comme à leur entreprise publique, en les faisant passer pour des nantis ! Il faut gagner l’opinion à la cause du gouvernement et diviser les syndicats qui aujourd’hui sont tous ensemble dans le mouvement.

Ce qu’ils oublient volontairement de dire, c’est que les cheminots sont les premiers à vouloir moderniser leur entreprise, ils souffrent de voir les suppressions d’emplois et de lignes, les fermetures de gares, le manque de personnels et les conséquences sur la ponctualité, l’entretien et la maintenance des matériels et des voies. Mais dans le cadre réaffirmé d’un grand service public ferroviaire, la SNCF.

La dégradation aujourd’hui bien réelle du réseau ferré sert de prétexte à la liquidation du service public. Les cheminots, comme les usagers n’y sont strictement pour rien. Encore moins responsables de son endettement. Ils en sont les victimes.

Gouvernement, patronat et médias à leur service s’efforcent de briser leur solidarité pour dresser les usagers contre les grévistes qui défendent bien au-delà de leurs acquis, ce qui déjà est parfaitement légitime, mais qui défendent l’existence d’un service public modernisé d’un mode de transport auquel tous les Français ont droit, dans tous les territoires. Le plus écologique au surplus.

Pas sa vente à la découpe dans le cadre de la mise en concurrence à des sociétés qui n’ont plus l’intérêt collectif en vue mais la seule rentabilité pour leurs seuls actionnaires.

Et sur ce terrain, l’on n’est bien obigé de constater que LREM et LR se retrouvent sur la même…ligne. Ils ont bien du mal à exprimer quelque différence autre que politicienne.

Le 1er ministre a eu beau réaffirmer que les cheminots en poste gardaient leur statut, que le service public était renforcé, qu’on ne fermerait pas de ligne…son numéro d’équilibriste ne convaincra que ceux qui sont déjà acquis à la liquidation de nos services publics, dans tous les secteurs (santé, télécoms, formation, autoroutes, défense nationale).

Il ne fait que confirmer qu’on prend bien le chemin de la fin du statut des cheminots à plus ou moins longue échéance, donc les générations suivantes seront embauchées sous un statut de droit privé par une société privée.

Le fait de transformer la SNCF en société anonyme, même à capitaux publics au départ, lui permettra comme la poste et les télécommunications (à 100% publiques avant), idem EDF-GDF de créer autant de sociétés privées qu’elles voudront. Quant aux lignes, ce sont les régions qui vont en hériter et déjà, on voit vers quels choix elles s’orientent. Renaud Muselier a pris les devants, dans le même sens que Macron !L’enjeu de la grève des cheminots qui commence déjà très fort, n’a rien à voir avec un enjeu corporatiste. Ce à quoi tout ce beau monde cherche à la réduire. Pour masquer les enjeux de société qu’elle porte. Avec tous les salariés des autres services publics, nationaux, territoriaux, hospitaliers…promis à des cures d’effectifs alors qu’il en manque partout !

Pas plus que cette grève n’a pour cible les usagers, c’est l’évidence ! Mais Macron cherche, c’est classique, à les récupérer pour faire passer l’ensemble de sa politique anti-sociale, (et en faveur des vrais nantis !). Les usagers ont besoin de services publics performants, dans le sens de qualité, de sécurité, de fréquence, de ponctualité, de proximité, pas de course à la compétitivité commerciale privée qui ouvre la porte à toutes les régressions et surenchères.

C’est ce que ne cesse de répéter la CGT, présentée comme l’épouvantail  qui pousse-au-crime de lèse majesté.  “La grève peut être brève… dit-elle, si l’on réécrit la réforme du ferroviaire qu’attendent les Français”.

Si l’on se met d’accord sur pour qui on fait cette réforme nécessaire : pour être en règle avec les directives européennes qui roulent pour le tout libéral, ou pour les Français (es) qu’on veut inciter à utiliser le train (voyageurs et frêt) parce que socialement et écologiquement c’est le mode de transport le plus économique et qui s’inscrit dans nos engagements à réduire les transports polluants qui encombrent nos routes et nos villes.

Ce qui suppose une tout autre “concertation” que celle engagée au pas de charge pour “boucler avant l’été” un sujet d’une telle importance. Et si ça ne va pas assez vite : les ordonnances !

C’est bien le rapport des forces qui imposera une autre méthode, un autre contenu à ce que doivent devenir nos services publics en général et celui du ferroviaire en particulier.

Voilà qu’étudiants et lycéens se mettent aussi en mouvement, inquiets de l’évolution d’un autre grand service public, celui de l’accès plus sélectif à l’enseignement supérieur.

Macron campe sur sa posture du chef qui ne recule pas. Il craint par dessus tout l’élargissement du mouvement social, la convergence des luttes dans le public et le privé, de toutes les victimes des  mesures palpables de ce gouvernement des riches qui accélère ses contre-réformes qui ne feront qu’accentuer les inégalités.

Les cheminots ont besoin, certes, de soutien financier et moral. Mais beaucoup plus d’engagements, à leurs côtés, de toutes celles et ceux qui veulent développer et améliorer notre modèle social, pas le voir saborder.

L’enjeu de leur puissante lutte, tous syndicats confondus, est d’intérêt national.

René Fredon

Laurent BRUN  secretaire general de la FD  de la SNCF . 

http://www.france24.com/fr/20180403-greves-transports-sncf-reforme-laurent-brun-leader-cheminots-cgt-syndicat

Bernard THIBAUT :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/04/bernard-thibault-la-mobilisation-des-cheminots-porte-l-interet-general_5280270_3232.html

 

 

 

 

 

 

 

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