Européennes 19 Yannick Jadot : l’écologie compatible avec le “tout marché”?

Impressionnante mobilisation des jeunes pour la cause climatique, les 14 et 15 mars, riche de promesses pour pousser les décideurs à respecter leurs engagements. Dans le prolongement de la pétition lancée par Oxfam, Greenpace, la Fondation pour la nature et l’homme et “Notre affaire à tous”, qui a dépassé les deux millions de signatures.

De leur côté Nicolas Hulot, Laurent Berger et 19 associations ont élaboré une feuille de route comprenant 66 propositions rendues pupbliques, de nature à faire reculer le réchauffement climatique et l’ensemble des pollutions qui le provoquent et qui ont pour origine un mode de production intensif, des modes de transports notamment routiers et aériens gros émetteur de gaz à effets de serre. Des gouvernements et des entreprises qui traînent les pieds pour prendre les dispositions concrètes de financement d’une transition écologique à la hauteur des enjeux du siècle.

Attac, le CRID, la CGT, France nature et environnement, Oxfam, le PCF et bien d’autres OGM et syndicats  ont  lancé un appel “Pour un printemps climatique” dénonçant “les effets d’un capitalisme financier qui fait exploser les inégalités sociales et qui exploite toujours plus la nature, sans tenir compte des désastres écologiques engendrés…”

 Yannick Jadot  place sa campagne sous le slogan très macronien du “ni à droite ni à gauche, mais centrale” pour expliquer sa stratégie, lui qui avait rallié la candidature de Benoit Hamon à la Présidentielle, il suscite beaucoup d’ interrogations dans sa volonté de ratisser large tout en essayant de faire oublier le ralliement de nombreux cadres d’EELV à LREM.

Des ministres au gouvernement, des figures comme Cohn-Bendit soutenant LREM dès le premier jour, un José Bové bien silencieux…Y. Jadot se dit favorable à la libre entreprise, à l’économie de marché, à la “concurrence libre et non faussée”, bref une profession de foi très libérale.

Un ancien secrétaire national, Pascal Durand,  eurodéputé sortant, vient de rejoindre la liste LREM tout en n’y adhérant pas. Après en avoir discuté avec Cohn-Bendit et avec Philippe Grangeon, le conseiller spécial du président !

Sans doute a-t-il plus de chances de retrouver un siège ? Trouvant l’Etat de droit menacé, il a jugé que Macron était un rempart plus sûr. Diable, un tremplin plutôt pour ceux qui attisent les peurs et proposent le repli nationaliste et xénophobe.

Avant lui, le président de la République nous avait fait le coup du “ni gauche -ni droite” puis il a gouverné aussitôt très à droite au point de poser de gros problèmes aux LR mais aussi au PS, à EELV et à leurs dirigeants qui ont participé à l’opération Macron, devenue la cause et la cible d’une colère sociale grandissante que le “grand débat” a peu de chances de désamorcer.

 

  1. Jadot tire l’écologie vers le libéralisme…tandis que sa collègue C. Duflot anime avec Oxfam une campagne contre l’inertie du gouvernement…libéral.

L’appareil des Verts a donné beaucoup à LREM (D. Cohn-Bendit, F. De Rugy, B. Pompili…et maintenant P. Durand, sans parler de N.Hulot qui fut ministre d’Etat, un temps) Il a crû convaincre de l’intérieur un gouvernement très sensible aux exigences des actionnaires, pas aux urgences écologiques et sociales.

  1. Jadot a souhaité, à la mi-février, l’arrêt des manifestations des Gilets Jaunes, après des dérapages individuels attribués à l’ensemble du mouvement, comme l’ont fait Macron et d’autres. Sans se préoccuper des causes sociales de leur irruption dans la vie politique. Dans leur grande masse, les gilets jaunes ne sous-estiment pas l’écologie. Les militants écologistes qui en font partie, n’apprécieront pas forcément ce positionnent.

 

Jadot espère que la proportionnelle permettra de conserver leurs cinq sièges (J. Bové, K. Delli, Y. Jadot, E. Joly et M. Rivasi) il met la barre très haut, à 15% ?

L’Europe, un triple défi : social, écologique, démocratique

Tout en faisant l’impase sur les causes économico-politiques qui ont conduit nos sociétés à une telle dérive écologique et humanitaire, à de telles inégalités sociales. Comment peut-on

croire qu’on va pouvoir dégager les moyens financiers qui existent mais qui sont entre les mains…des marchés financiers -c’est à dire les banques, les multinationales, les institurtions financières- sans toucher à leurs pouvoirs et aux choix politiques faits par leurs représentants à la tête de la plupart des Etats, dont le nôtre.Ils n’arrivent même pas à harmoniser leurs politiques sociales, économiques, écologiques, fiscales etc…Macron, après Sarkozy, parle de “réformer le capitalisme” c’est donc qu’il va mal. Mais ils n’ont en tête que de le tirer d’affaire.

 

Ils nous masquent la profondeur de sa crise et font comme s’il n’y avait aucune alternative. Aucune perspective d’une politique qui parte des besoins humains et des aspirations à une vie décente dans un monde pacifique qui veut privilégier le respect de la nature et non assister à sa destruction à terme si rien ne change.

Il va falloir un sacré mouvement populaire, le plus large possible, pour contraindre le gouvernement à quelques concessions, à des mesures palpables qui répondent aux attentes populaires en matière de pouvoir d’achat, de justice fiscale, de démocratie, de transition écologique.

Les mobilisations ont pris une dimension planétaire. Elles seront d’autant plus efficaces que les citoyens auront identifié les obstacles qui freinent -voir s’opposent, comme Trump-  à engager leurs peuples dans la bonne direction. Yannick Jadot, au parlement européen, avait justement stigmatisé le président américain comme “une menace pour notre démocratie et notre souveraineté…L’Union européenne ne peut pas commencer une négociation avec un président qui nous met un révolver sur la tempe et qui prend le réchauffement climatique pour un canular…”

Il soulignait, si besoin était, la nature politique du débat et de l’action à déployer pour que les citoyens se fassent entendre sur tous les sujets, du local au mondial. Il n’y a pas que la “compétitivité” des entreprises et le profit des actionnaires comme ligne d’horizon. On voit où ça  mène.

En finir avec l’Europe de Monsanto est un objectif concret qui peut être atteint si le nouveau parlement européen renonce à l’Europe de l’austérité et aux traités en cours.

L’enjeu des européennes n’est pas de savoir qui paraîtra le plus écologiste, dans le cadre des  logiques actuelles, mais qui sera le plus pertinent et le plus déterminé à les combattre.

René Fredon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://actu.orange.fr/politique/europeennes-l-ecologiste-pascal-durand-pret-a-etre-candidat-sur-la-liste-lrem-CNT000001dvA69.html

 

https://actu.orange.fr/politique/de-la-contestation-a-l-ecologie-realiste-eelv-en-pleine-mue-CNT000001dpKMz/photos/yannick-jadot-tete-de-liste-d-eelv-au-large-de-la-turballe-le-28-septembre-2018-bf68bbe9c4b784

Laisser un commentaire