Le moment de vérité approche!
BAYROU ,après avoir consulté Macron, a décidé de solliciter la confiance des députés. Un pari très risqué car le gouvernement n’a pas de majorité, les « arguments » répétés pour soutenir un budget de grande austérité ne passe pas chez une majorité de Français. Un tel budget va encore plus appauvrir les classes populaires et moyennes sans toucher aux patrimoines et aux privilèges des très riches, des très hauts salaires, des actionnaires du CAC 40.
Ce dont Bayrou n’a pas dit un mot dans son discours du 25 juillet qu’il qualifie de « vérité » pour culpabiliser les victimes de ses choix politiques quand il accuse « la responsabilité de chacun d’entre nous, face à l’augmentation de la dette ». Au point de réduire encore les dépenses sociales tout en distribuant, sans contrepartie, 211 mds d’argent public en 2023 au seul profit des entreprises. Soit 40% du budget !
Le bloc gouvernemental (Macronie, centristes et LR) est au pouvoir depuis
2017, ils sont donc responsables de leur gestion propre donc de l’endettement et du reste. C’est certes inquiétant mais ce n’est pas la seule raison de la dégradation industrielle et financière. Ils ne peuvent pas dire : « c’est pas nous, c’est nos prédécesseurs…»!
Il faudrait les applaudir et fermer gentiment les yeux, se laisser endormir alors qu’ils ont la totale responsabilité de la crise politique, sociale, fiscale, environnementale, energétique…et leur laisser à nouveau le pouvoir ? Cela au moment où la colère sociale lance le défi de tout bloquer en France le 10 septembre, en train de prendre corps.
Un défi citoyen, lancé hors syndicats et partis qui, notamment à gauche, se joignent à cet appel ainsi que la CGT, FSU, Solidaires… Pour que s’expriment de toutes parts les mécontentements, les exaspérations, non pour créer le désordre et la division du peuple mais à l’inverse de faire entendre au pouvoir qu’il n’est pas là pour le garder et ignorer ce que notre peuple ne peut plus supporter : des riches de plus en plus riches et nombreux, d’un côté et des inégalités insupportables de l’autre, très très majoritaire.
Comme si les libéraux détenaient la seule et unique bonne décision «démocratique » en tout domaine, quitte à sortir le 49/3 à leur gré. Quand, les parlementaires et le peuple, ont-ils eu leur mot à dire sur l’engagement de Macron de réarmer la France et l’Europe et d’ajouter un premier paquet au budget sans avoir à débattre du fond ?
Il ne suffit pas de dire: « c’est une nécessité existentielle…suivez-moi ? » Il nous prend pour qui ? Seulement des payeurs !
Evidemment, le MEDEF est à l’unisson avec Bayrou: les entreprises d’abord. Lesquelles ? Toutes : ce n’est pas le cas. Les plus fragiles, industrielles, agricoles ou de services, oui, elles ont besoin d’aides publiques, pas les multinationales qui se gavent et ne paient pas d’impôts ou si peu.
Tout un symbole
Que l’Etat commence à donner l’exemple au lieu de saboter les services publics en réduisant les effectifs mais pas les très hauts salaires, les recours à des cabinets privés hors de prix, les dépenses s’ajoutant aux indemnités…à l’image du plus haut salaire de la fonction publique : le gouverneur de la banque de France.
«François Villeroy de Galhau est le fonctionnaire le mieux payé de France» révèle le média…« Capital », cela ne s’invente pas. Il touche 310 678 euros par an, mais avec ses indemnités, sa rémunération annuelle atteint 508 687 euros, ce qui représente 34 fois le Smic net par mois (1 426 euros). Une somme bien supérieure aux 192 468 euros annuels (sans ses dépenses de fonction) perçus par le président de la République…le pôvre ! Comme s’il n’avait pas d’autres revenus, l’ex-directeur de la banque d’affaires Rothschild ?
Parmi ses indemnités, notre noble gouverneur bénéficie également d’une indemnité de logement et d’indemnités internationales. S’il n’occupe pas de logement de fonction, il perçoit une indemnité brute de 6 399 euros par mois, imposable tout de même mais scandaleux.
On ne sait pas non plus, c’est secret, si des revenus supplémentaires de ce très haut-fonctionnaire ne viendraient pas d’actions de quelques sociétés fiables, vu le niveau de sa fonction publique. On ne peut être mieux placé.
Dans le privé c’est bien pire encore et encore moins transparent même si l’on nous serine que les gains faramineux des actionnaires milliardaires ruissellent vers les plus modestes ? La preuve que non, sinon on n’en serait pas là !
La maîtrise de la finance, c’est le cœur des défis d’aujourd’hui.
René Fredon