
Municipale à Toulon ,Josée Massi défendra son siège ,Avec un soutien de poids, Charles Berling
L’information a été confirmée le samedi 10 janvier par Var-Matin.(1) La maire sortante non encartée, Josée Massi, nommée par Falco après sa condamnation puis « oubliée » a finalement décidé de conduire sa propre liste, après que Falco ait désigné le sénateur LR Michel Bonnus déjà prêt sur la liste de départ.
Ce même jour, l’acteur Charles Berling, directeur de Châteauvallon et du théâtre Liberté de Toulon, qui quitte ses fonctions, annonce son soutien à José Massi, il salue son travail depuis qu’elle est devenue maire de Toulon alors qu’elle n’y était pas préparée et s’est révélée à la hauteur de la tâche, a-t-il tenu à souligner. « Josée Massi est la plus à même de rassembler les gens qui pensent que Toulon peut continuer à se développer... »
Il ne dit pas de mal de Michel Bonnus mais regrette « sa proximité avec Bruno Retailleau qui mène une politique clivante, proche du RN dans la haine de l’autre, dans la répression »…On ne le lui fait pas dire. Il fait état de sa sympathie pour la liste de gauche conduite par Magali Brunel « qui a des idées intéressantes, qui travaille pour la jeunesse et lutte contre le communautarisme... ». Dont acte.
La liste « Toulon en commun » qu’elle anime tiendra son premier meeting de campagne le mardi 20 janvier au Zénith à 18 h.
Deux listes de droite, une au « centre » du Modem, menée par Pierre-Jacques Depallens, deux à gauche, celle de Toulon-en-commun (PS, PCF, Ecologistes) avec Magali Brunel à sa tête et celle de LFI, emmenée par Isaline Cornil, plus d’autres non encore déclarées, cela peut laisser craindre un plus haut score au 1er tour de la candidate RN.
A la municipale de 2020 il n’y eut que 30,67% de votants et un seul tour ! Falco l’avait emporté avec 61,39% des exprimés (2) Aux législatives de 2024, le RN a fait le plein ou presque : 7 députés sur 8 dont une à Toulon au 1er tour…
Restons lucides, on n’en est plus là, plus encore dans le Var. Ce qui ne veut pas dire qu’on se résigne, bien au contraire. Il n’y a aucune fatalité, d’autant que nous sommes dans une période de crises permanentes, à la fois économiques, sociales, climatiques, politiques, idéologiques… provoquées par Trump et ses soutiens d’extrême-droite en admiration devant son impérialisme qui, par la force militaire, veut dominer le monde qui lui échappe.
C’est pourquoi Laure Lavalette fait tout ce qu’elle peut pour camoufler son étiquette d’extrême-droite et dépolitiser une élection, certes locale, qui ne saurait ignorer ses objectifs nationalistes, identitaires, racistes et ultra-capitalistes liquidateurs des services publics et générateurs des inégalités sociales. Les ultra-riches se frottent les mains.
La candidate est dans le déni de son idéologie néo-fasciste fondée sur la loi du plus fort. Elle ne se mouille pas l’intervention militaire et de la capture par Trump du chef d’Etat du Venezuela, Nicolas Maduro et de sa femme pour des prétextes fallacieux par ailleurs, alors qu’il y a violation de la charte de l’ONU et de la souveraineté des peuples, argument qui embarasse le RN : le chef d’Etat américain s’approprie par la force, ce qu’il décide d’abord pour ses propres intérêts et passe à l’action militaire sans même en avoir le mandat ? Il lui suffit de nous lister ses prétentions aberrantes pour les mettre en œuvre ? Du jamais vu ! (3)
Il serait temps de nous en démarquer. Ce que n’ont pas fait Macron ainsi qu’une partie des macronistes, de LR et de toute l’extrême-droite.
La candidate et cadre RN fait comme si les communes n’étaient pas concernées, ni les départements, ni les régions, ni la France, ni les citoyens finalement ?
Elle croit épater les Toulonnais.es en recrutant un rugbyman natif de Toulon, David Gérard, qui n’y a jamais joué, peu importe, il est actuellement entraîneur de la Roumanie. La porte-parole du RN lui offre « la 2è place sur sa liste pour dit-elle, faire de Toulon une grande ville sportive » ? Comme si Toulon l’avait attendue !
Elle avait envisagé -et nommé sur Cnew- Jérôme Gallion, demi de mélée international qui ne l’a jamais rencontrée, pour l’avoir sur sa liste ! Il n’a pas mordu à l’hameçon. Même chose avec le président de l’Université de Toulon, Xavier Leroux à qui elle proposait la 4è place. Ils se connaissent mais le président a refusé de jouer les notables « neutres » au service du RN.
Autre déception, les encouragements de Cendrine Blot, l’épouse et adjointe incontrôlable du défunt maire FN de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier qui avait conquis la ville à la fin de l’ère très mouvementée d’Arreckx en 1995.
Toulon a connu six ans (1995-2001) de guerres intestines violentes et de gestion calamiteuse, maintes fois condamnées. Pas de quoi enthousiasmer la députée d’extrême-droite aux dents longues qui ne veut pas assumer ses prédécesseurs.es.
Elle met le couvercle sur ses origines, à Talence (Gironde), de jeune étudiante d’une famille catholique traditionnaliste très à l’extrême-droite, le père membre d’Ordre nouveau, le grand-père des Croix-de-feu et la jeune étudiante dirigeante du GUD (groupe union défense) affilié au FN, mouvement très violent au sein des universités…elle adhère au FN à 21 ans et reste très fidèle au fondateur nationaliste, négationniste et colonialiste assumé, plusieurs fois condamné. D’où le changement de nom, devenu RN.
Comment les Toulonnais.es pourraient-ils se laisser duper par les discours de « rassemblement et d’égalité » alors que le RN préconise la « préférence nationale » et agite « le grand remplacement » qui nous menacerait ? Leurs votes sont également très significatifs, à l’assemblée nationale, au sénat et au parlement européen.
Dans le Var tout ne baigne pas pour le RN : A Fréjus, le maire, David Rachline s’est vu retirer l’investiture, par décision interne, pourtant très proche de Marine Le Pen, il n’est plus vice-président de son parti. Il sera jugé le 22 septembre 2026 pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics. A Cogolin le maire FN puis Zemmourien, Marc-Etienne Lansade vient d’être démissionné pour abus de faiblesse dans une affaire immobilière.
Pendant 5 semaines débute le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN-RN condamnés pour détournements de fonds publics que Marine Le Pen nie et en profite pour lui permettre d’annuler l’inégibilité qui avait été prononcée. On va en entendre parler tous les jours sur les médias.
Le chaos très inquiétant dans lequel nous sommes, aggrave les conditions de vie des classes populaires en même temps qu’il réduit les moyens de gestion de nos collectivités…tout en augmentant le budget militaire ?
Raison de plus pour se mêler du débat qui veut nous faire avaler les privations, les reculs sociaux et les économies qui enrichissent les ultra-riches.
« Y a comme un défaut…» disait Fernand Raynaud
René Fredon
(2) https://www.archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr/resultats/municipales-2020/083/083137.php
(3) https://www.pcf.fr/le_venezuela_appartient_aux_seuls_venezuliens